Librairie Eureka Street à Caen (14)

La librairie de Bénédicte et Pierre Thomine doit son nom au roman éponyme de l’irlandais Robert Mc Liam Wilson, leur livre fétiche. Si Caen est heureusement plus calme que le Belfast des années de plomb, les deux chaleureux "patrons" des lieux savent faire bouger le quartier comme personne. En quelques années, Eureka St. est devenue l’un des pôles de la vie culturelle caennaise.
Soirées, rencontres (quelquefois en musique), lectures, partenariats, salons comme celui du livre de Caen, du roman noir de Bloody Fleury ((61) et bien d’autres...
Bénédicte et Pierre défendent le livre à tours de bras et font de la librairie indépendante un acteur phare du combat contre la mort des centre-villes. Eureka, ils ont raison !

Eureka street19 place de la République, Caen


Libraires

Les livres ont des odeurs que ne connaîtront jamais les liseurs sur tablette. Ce sont celles du papier, des encres qui l’ont imprimé, du carton dans lequel ils ont voyagé, de leurs auteurs aussi, avec les mille senteurs en tête qu’ils s’échinent à vouloir coucher sur leur clavier… L’odeur des livres est celle d’une chaîne de travail où se sont posées les mains, les outils et les machines qui concourent à leur confection depuis le bureau de l’écrivain jusqu’à la table du libraire. C’est là qu’ils respirent le mieux.
Sans librairie, une ville est infirme, incomplète aux sens. Le sirop des rues y est plus fade. Les libraires sont de fabuleux diffuseurs de parfums. Précieux, fragiles parfois. Les auteurs leur doivent infiniment. Sans libraire, ne subsisteraient que quelques têtes de gondoles au bon plaisir du marketing, des supermarchés et de leurs avatars virtuels. Les flâneurs de papier, les curieux du bouquin, les ramasseurs de bonnes feuilles savent, eux aussi, ce qu’ils doivent aux libraires.
Lieux de vie, lieux de rencontres, lieux d’échanges, leurs boutiques sont des havres ouverts. A l’heure où le lien social s’effiloche pousser leur porte est à un acte politique.
Sur ce site, vous ne trouverez donc pas de lien vers une plate-forme de vente. Je ne les mésestime pas mais je préfère vous présenter, à raison d’un par mois, quelques uns de ces espaces indispensables où il fait bon entrer… Et les visages de celles et ceux qui les font vivre.

P.P. février 2017